Comprenons notre sommeil

Conférence du samedi 27 Juillet 2012

par François VIAU,
pneumologue

Nous passons environ le tiers de notre temps à dormir. La qualité de notre sommeil est déterminante pour le maintien d'une activité
normale. Si notre sommeil s'altère, nous
devenons moins performants voire dangereux
pour nous même et pour les autres.

La qualité du sommeil

On étudie les différentes phases du sommeil en plaçant des électrodes sur le crâne pour l'enregistrement de l'activité électrique émise par le cerveau, d'autres électrodes sont fixées sur le visage pour capter les mouvements des yeux et le tonus musculaires.
Un cycle de sommeil dure 90 minutes environ ; il est composée de 3 phases : le sommeil lent léger puis le sommeil lent profond et le le sommeil paradoxal,
La nuit du sommeil sera composée de la succession de 3 à 5 cycles successifs.

Les troubles du sommeil :

Ils peuvent être perturbés par différents facteurs :

L'apnée du sommeil due à des arrêts répétés de la respiration au cours du sommeil. liées à une obstruction de la gorge dans une région appelée pharynx. Au cours du sommeil, ces muscles se relâchent ; le pharynx se comporte alors comme un tuyau mou au travers duquel on cherche à aspirer de l'air. Cette aspiration entraîne un affaissement des parois du pharynx : l'air passe difficilement, entraînant des turbulences qui font vibrer les structures de la gorge, créant ainsi le ronflement. Lorsque les parois du pharynx s'affaissent totalement, l'air ne peut plus passer du tout : c'est une apnée. Le système respiratoire essaie de vaincre l'obstacle en aspirant plus fort, ce qui ne fait qu'aggraver les choses. La respiration ne peut recommencer qu'à la faveur d'un éveil, qui permet aux muscles du pharynx de se contracter, et à la gorge de se rouvrir.
Le traitement comporte différentes approches, variables d'un cas à l'autre.

  • dans les syndromes d'apnées du sommeil sévères ou relativement sévères, le traitement le plus efficace, et dénué de risques, est l'application d'une pression positive au moyen d'un masque nasal au cours du sommeil. Cet appareil souffle un peu d'air au niveau du nez, ce qui maintien les voies aériennes ouvertes en permanence et fait donc disparaître l'obstruation. Ce traitement est contraignant.

Les attaques de cataplexie
Ce sont des relâchements musculaires brusques survenant en plein éveil. Elles peuvent être localisées (mâchoires, membres supérieurs) ou généralisées, entraînant alors une chute. Elles sont souvent déclenchées par une forte émotion positive.

Trouble de la vigilance: la somnolence diurne
Elle peut se manifester de diverses façons :

  • un sommeil de nuit très profond, très long : un réveil difficile avec la tête lourde.
  • la sensation d'être la plupart du temps mal réveillé, d'avoir une envie de dormir permanente, d'avoir du mal à se concentrer, à fixer son attention.
  • des endormissements involontaires. Ils surviennent plus facilement dans des circonstances calmes, monotones où le sujet est inoccupé ou passif (au volant, en travaillant ou en classe). Ces endormissements sont parfois incontrôlables, la personne ne peut pas résister.

Certains endormissements passent donc inaperçus.

  • un besoin de s'allonger pour dormir dans la journée, trop fréquent ou sans bénéfice. si ce fait se renouvelle plusieurs fois dans la journée, cela peut correspondre à une hypersomnie.
  • des accès de sommeil durant quelques jours.

On peut évaluer le ressenti de la personne : c'est la vigilance subjective.
La personne indique à l'aide d'échelles ce qui décrit le mieux son état du moment (échelles de somnolence de Stanford) ou sur une période donnée (l'échelle d'Epworth qui est une auto-évaluation de la facilité à s'endormir).
La somnolence diurne excessive est toujours anormale mais elle ne traduit pas toujours une maladie.
Cependant, un trouble de la vigilance pathologique peut perturber profondément la vie professionnelle et la réussite scolaire, la vie sociale et familiale.
Enfin, et surtout, il fait courir un risque vital au volant ou au travail pour le sujet et pour autrui. La somnolence diurne excessive est donc une maladie qui peut être mortelle.